Hommage à la comtesse de Benauges

HOMMAGE RENDU A LA COMTESSE DE BENAUGES

parchemin de 1761

Il y a quelques années, j’ai eu l’occasion de lire et recopier ce document. Pour la commune d’Arbis, il est intéressant à plusieurs niveaux.

Il est rédigé  moins de 30 ans avant la Révolution.

Les protagonistes nommés:

-très haute et très puissante dame, Madame Angélique Jacquette de Gombauts, comtesse dudit Benauges.

Son adresse:. Elle vit à Paris Rue denfer faux Bourg Saint germain « ordinairement »

– messire charles françois de warans, chevalier marquis de Boursin

– François Decrepelene Decrèvecoeur Ecuyer, sieur de la Maison Noble de Lamothe

– Jean Decrepelenne aussi écuyer, son fils

Continuer la lecture de Hommage à la comtesse de Benauges

la prison

LA PRISON

Elle se situe dans le bourg d’Arbis,  non loin de l’église, dans la partie inférieure d’un maison à étage , immédiatement après la mairie au lieu-dit Fort-Pelat.
C’est un lieu privé appartenant à deux propriétaires différents qui possèdent deux parties distinctes de la prison.
L’un possède l’espace proprement dit de la prison, du fort, l’autre le logement du geôlier.

plan-prisonphoto

Plan actuel du fort
On peut remarquer sur la façade nord une petite porte au rez-de-chaussée et une fenêtre chanfreinée à l’étage.
Dès qu’on entre par cette petite porte, on débouche sur une  pièce voûtée assez spacieuse: salle d’arme? salle destinée aux gardiens?. De là,  part un petit couloir étroit qui  longe deux cellules. On accède à celles-ci par une porte basse et un œil de boeuf ovale permettait de surveiller et de passer de la nourriture au prisonnier. Chaque cellule voûtée est suffisamment grande pour installer une paillasse et se tenir debout. La seule clarté peut provenir de l’oeil de bœuf, à condition que la porte extérieure soit ouverte. Or, se situant côté nord, les hivers étant plus rudes qu’à notre époque, la porte devait être fermée et les prisonniers se retrouvaient dans l’obscurité.
Continuer la lecture de la prison

Le moulin de la Grabette

Le Moulin version 2

Décidément l’année s’annonçait catastrophique : il pleuvait tous les jours et les blés couchés par la tempête se pourrissaient sur le sol. L’épeautre et l’avoine étaient dans le même état.

A la messe de ce dimanche de juillet, tous les gens d’Arbis s’engouffrèrent dans l’église au son de la cloche. A la sortie, des petits groupes se formèrent. Les meuniers se regroupèrent comme d’habitude près du portail, du côté de l’Aubarit, formant un cercle. On pouvait reconnaître celui du Moulin de Charlot à ses sabots cirés, celui du Roc à sa cape qui lui couvrait la tête comme un moine et celui de la Gravette à sa bourse de cuir attachée la ceinture. Dans le groupe, il avait même le grand gaillard du moulin de Balaurin, facilement reconnaissable à sa stature imposante. Il ne manquait que celui de l’Armurey qui, peu de temps après, arriva de son pas traînant. Ils avaient gardé leurs sabots pour se protéger de la boue et des flaques et remis leur chapeau à large bord–-

Continuer la lecture de Le moulin de la Grabette

Les carrières du château

De très loin, lorsque vous arrivez vers Arbis,  quels que soient les points cardinaux, vous apercevez la silhouette allongée du château de Benauges qui se profile à l’horizon. Cette masse couchée sur la crête de la colline n’a pas toujours eu cet aspect d’animal tranquille et somnolent sur son coussin de verdure. Elle semble émerger de la forêt.

Or cette colline qui avait été dénudée dès l’origine était réservée aux cultures du seigneur. D’ailleurs, les multiples dessins de Léo Drouyn, au XIX° siècle, en sont encore un témoignage. On voit
l’imposante bâtisse dégagée et nue sur son promontoire.

idrouynmg_0345

Dessin de Léo Drouyn – Moulin de la Grabette à l’horizon

Quant à la construction, n’en parlons pas, elle a subi de nombreuses modifications au cours des siècles, pour aboutir à cette forme
horizontale, précédée à l’est par une tour ronde au toit pointu, doucement éclairée le matin par les premiers rayons du soleil. Les vieilles tours d’origines, du côté opposé, s’élèvent encore
orgueilleusement au-dessus des vallées, peu démantelées par les attaques et l’érosion.
Il y a bien longtemps, à l’époque la plus reculée du Moyen-Âge, vers le XI° siècle,alors que les châteaux n’étaient qu’une tour de bois entourée de hautes palissades, vivait là- haut, le seigneur d’ Arbis.

Continuer la lecture de Les carrières du château

La source

Verdeline mit le linge dans la panière et se dirigea vers le lavoir. Depuis deux jours on faisait les lessives : les draps, les surcots, les torchons, tout était mis dans une grande bassine qui bouillait sur le feu. A l’aide d’un long bâton, celui qui servait aussi à tourner la viande lors de la cuisine du cochon, elle avait été chargée de remuer le linge. Dans le bassin de fer, sa mère avait largement jeté de la cendre dans l’eau avec du suif. Posé sur un trépied, dehors, près du parc à cochon, on entendait l’eau bouillir. L’odeur caractéristique se répandait dans tous les villages en cette saison car les vapeurs montaient au- dessus des toits avec des volutes transparentes. Cette corvée des lessives avait lieu deux fois par an. C’ était celle de printemps. Le temps avait l’air de se mettre au beau depuis que les fêtes de la nouvelle année étaient passées.

lavandiere-alphonse_moutte_4

Elle dut poser la panière sur le sol: le linge mouillé pèse lourd. Elle essuya avec le bord de son tablier le front car la sueur lui piquait ses beaux yeux verts. Elle respira un peu et reprit sa marche, déséquilibrée, le poids sur la hanche, les mains crispées, à la limite de ses forces. Sur le chemin du Chiche, elle vit au loin la fillette des Brun. Elle la héla, l’appelant par son nom et bien que craintive, celle-ci s’approcha.

Continuer la lecture de La source

Le loup de l’église

Si vous vous promenez vers la Mazerolle, colline en direction de Cantois, vous ne verrez qu’une maison. Pourtant, en regardant la carte de Cassini, l’emplacement d’un hameau est indiqué. Cela explique la présence d’une belle source bâtie sur trois côtés et couverte d’une grande auge de pierre. Un chemin pavé descend de l’unique maison actuelle et conduit jusqu’à quelques marches qui permettent d’aller puiser l’eau. Profonde de plus d’un mètre, elle est toujours fraîche. Les chasseurs la connaissent bien car, perdue dans la nature, les animaux s’y rendent pour s’y abreuver à l’aube ou au crépuscule.

Si la vie humaine a presque disparu, les histoires subsistent et on raconte qu’il y a fort longtemps, à l’époque où le village était debout et habité, la chasse était déjà viscérale chez ses habitants. Bien sûr, cette zone était réservée au seigneur de Benauges. D’autres légendes prétendent que la comtesse venait chasser à cheval avec sa cour, faucon au poing. Les palefreniers étaient chargés de venir remplir l’ auge avant sa venue afin que l’eau puisse se réchauffer et que les chevaux ne boivent pas trop froid.

fontaine-mazerolles

Continuer la lecture de Le loup de l’église

La mare du parc

Les moissons battaient leur plein. Entre le Tribus et le moulin de l’Armurey, les hommes fauchaient. Arrivés au lever du jour, ils y seraient encore, à coup sûr, à la nuit tombante.

ble

En rang, sur une même ligne, ils avançaient d’un même pas cadencé, un pied en avant, légèrement voûtés. Dans un mouvement demi-circulaire, les bras à l’horizontale, ils relevaient les tiges du bout de la lame de leur faux puis les sectionnaient dans le mouvement sec. Comme une draperie, les blés mûrs se couchaient par vagues dans un bruit de souffle. Les femmes, suivaient, courbées, penchées en avant, pliées en deux, liant les gerbes au son du glissement de la lame de la faux sur les tiges sèches. Elles parlaient peu, accablées par la chaleur, se relevant de temps en temps pour s’étirer et soulager leurs reins..remontant le bas de leur jupon dans leur ceinture afin de bénéficier d’un peu d’air, chassant de la main les mouches qui bourdonnaient autour d’elles. Midi n’était pas loin, bien qu’on n’ait pas encore entendu l’angélus d’Escoussans ou d’Arbis.

Continuer la lecture de La mare du parc

Le moulin du Roc près du Mayne.

 

C’était un soir d’été je voulus montrer le moulin à mes petits enfants, Aurélien et Julien. Quelle ne fut pas notre surprise de voir à la fenêtre de l’étage une silhouette tenant une lumière .

roc

–  « Tiens, dis-je, il y a quelqu’un ! » je vais pouvoir vous montrer l’intérieur… »

Nous tentâmes d’ouvrir les diverses portes. Impossible, elles étaient toutes fermées à clé !!

Je pris du recul et appelais :

– Ouh ! Ouh ! Il y a qu »lqu’un ? »

Rien ! Pas de réponse…ce devait être un effet d’optique…Quelqu’un s’y cacherait-il ?

Nous fîmes le tour… bien qu’il soit difficile d’approcher. La végétation – désormais maîtresse des lieux- avait envahi l’ensemble des abords.

Continuer la lecture de Le moulin du Roc près du Mayne.